vendredi 12 février 2016

L'art de manier la désinformation

Ci-dessous un encart paru dans La Dépêche du lundi 8 février

Vers la fin des Segpa ?

«Au collège, les sections d'enseignement général et professionnel adapté (Segpa) accueillent des élèves présentant des difficultés scolaires graves et persistantes(...) à compter de la rentrée 2016, les Segpa évoluent dans leur fonctionnement qui vise une meilleure inclusion au collège des élèves qui en bénéficient» précise le site Internet du ministère de l'Éducation nationale.
Dans le département de la Haute-Garonne cette évolution se traduira par la fermeture à la rentrée 2016 de la 6e Segpa du collège de Saint Béat. Cette mesure a été décidée en raison d'un déficit d'effectif. Il est prévu qu'un des deux professeurs des écoles spécialisé qui enseigne actuellement en Segpa continue à suivre les élèves au collège d'enseignement général. Ces élèves devraient retrouver une classe de Segpa à partir de la 5e. La fermeture totale ou partielle des classes de Segpa à la rentrée 2016 est également programmée au collège Bellefontaine et au collège Raymond Badiou à la Reynerie. Cette réorganisation consistera à insérer des élèves qui jusque-là recevaient un enseignement spécialisé dans des classes de 6e de collèges général, qui connaissent déjà de grandes difficultés. Elle fait craindre aux organisations syndicales d'enseignants une aggravation des tensions au sein de ces établissements.
 
Sauf que, ce ne sont pas deux professeurs qui enseignent à la Segpa de Saint-Béat mais un seul !
Donc, si on sait compter : 1 - 1 = 0 monsieur le Dasen !
Ce qui veut bien dire "fermeture" de la Segpa non ?

Ce qui n'a pas empêché l'Inspection académique de tenir à faire un rectificatif le lendemain. Non pas pour corriger cette erreur ... non ! Mais pour assurer, la main sur le cœur, que sa volonté n'est nullement de fermer les Segpa !
Il faut quand même oser !

Au passage, on remarquera que, pour la première fois, l'Inspection avance l'argument selon lequel c'est la baisse des effectifs de sixième qui motive son passage en force.
"Le trop faible effectif de sixième ne permet plus d'offrir une organisation pédagogique pertinente."
Et il y a deux ans, quand ils étaient 19 dans la même classe de Segpa, elle était davantage "pertinente" l'organisation pédagogique ?

jeudi 11 février 2016

Le mur des soutiens


RPI Barbazan - Labroquère - Saint-Bertrand
Vincent PINSOLLE - Ecole de Montauban-de-Luchon

Motion Conseil d'Administration du collège de Luchon
Nicolas BRUGGALA - ancien directeur de l'école de Saléchan
FCPE Luchon
Motion Conseil d'Administration du collège de Saint-Béat
Lieu de Vie et d'Accueil de Générest
Ecole de Marignac
 


Ecole de Fos
Ecole de Saint-Béat



Ecole de Cierp-Gaud

dimanche 7 février 2016

Pétition "NON à la fermeture de la classe de SEGPA de St-Béat"

Un collectif défendant le maintien de la Segpa de Saint-Béat s'est donc créé. Nous vous appelons à manifester votre soutien en vous associant à cette initiative. Il est encore temps et possible de faire revenir le Directeur Académique sur ses intentions. Mais ne soyons pas dupes, il ne le fera que s'il mesure que nous représentons un mouvement d'opinion incontournable.

Enseignants, parents, élus, professionnels du monde de l'éducation, ou tout simplement citoyens, nous ne pouvons qu'être révoltés par cette mesure qui, si elle devait se confirmer, frapperait gravement des jeunes qui sont déjà suffisamment fragiles comme ça !


Pour signer et diffuser cette pétition, nous vous proposons
  • soit la version en ligne en cliquant sur le logo suivant 
    http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2016N48589
  • soit d'imprimer une version papier (tract ou liste) en cliquant sur sa vignette ci-dessous - et la remettre à un des sympathisants de votre connaissance ou à renvoyer au collectif (Place du Sarramoulin - 31440 Fos) ou par mél.
http://lecafedesvallees.free.fr/blog/public/Segpa/Tract_petition.pdf

http://lecafedesvallees.free.fr/blog/public/Segpa/Petition_liste.pdf

lundi 1 février 2016

Le Dasen rencontre la FCPE 31

Ce lundi soir, Jacques Caillaut, Dasen de la Hte-Garonne rencontrait la FCPE 31 pour exposer les bienfaits de la réforme du collège.
Une occasion que n'ont pas ratée les déléguées de Luchon qui ont souhaité en savoir davantage sur ses justifications de fermeture de la Segpa de Saint-Béat : que compte-t-il proposer aux élèves du Luchonnais en grande difficulté scolaire quand il leur aura définitivement fermé la porte d'une Segpa à Saint-Béat ?

En gros il n’y a que 3 enfants à Luchon concernés ... la SEGPA stigmatise les enfants et les empêche de revenir à un cycle classique. Elles ont tenté de lui dire que c’était faux, que ce n'était pas du tout la connaissance qu'elles avaient de la réalité du terrain où elles vivent.
Mais ce monsieur aime à se présenter comme un "nettoyeur" de Segpa. Il aurait ainsi nettoyé les académies de Lille et de Châteauroux. Il en est très fier. Et les déléguées de Luchon n'ont pas pu garder la parole plus longtemps.

dimanche 31 janvier 2016

La SEGPA à l'épreuve de la réforme du collège et de la loi Peillon

Il n'y a malheureusement pas qu'à Saint-Béat que les Dasen ou leurs inspecteurs essayent de passer en force et de démanteler les Segpa. En Hte-Garonne, dans les deux collèges du Mirail, ce sont carrément les classes de 6ème Segpa que le Dasen prévoit de fermer. Ça, il ne va fermer celle de Fermat ... il n'y en a pas !
Ci-dessous un texte très intéressant du Snuipp, auquel nous adhérons à 100 %.

jeudi 28 janvier 2016

Jeudi 28 janvier - Comité Technique Académique

Le CTA du jeudi 28 janvier a confirmé le projet du Dasen consistant à lancer un "dispositif innovant" pour les élèves en difficulté du secteur de Saint-Béat.  Quelle chance ils ont ces petits veinards puisque cela se fera sur le dos de la fermeture de la seule structure d'enseignement adapté de proximité dont ils disposaient !
Nous sommes conviés à nous en réjouir car il semble que ce serait un honneur d'avoir été choisis pour cette opération...
Pourtant, le choix de casser quelque chose qui marche nous reste insupportable. D'autant quand on touche à des gosses fragiles.
Pour autant, tout n'est pas encore perdu, même si on ne manquera pas de nous affirmer le contraire. Le Dasen a d'autres commissions à franchir et il n'a pas encore gagné. Entre autres, ça dépend pas mal de nous et de notre capacité à réagir.
A savoir à ce sujet que, d'après les remontées qu'on a eu du CTA, le projet a été assez malmené. Pourtant, il y aurait été affirmé que, localement, on adhérait à ce bon projet !
Tiens donc ???

mardi 26 janvier 2016

Mardi 26 janvier 2016 - Stupeur ! Le DASEN propose la fermeture de la Segpa

Ce mardi dans l'après-midi, appel d'un syndicat d'enseignants.
"Dites voir. Là on est en train de bosser sur les documents qu'on a reçus pour préparer le CTA (Comité Technique Académique qui doit se tenir jeudi, dans deux jours. Si on comprend bien, le Dasen a l'intention de fermer le poste unique de la Segpa de St-Béat. Vous étiez au courant ? C'est calé ça, prévu avec vous ?"

Silence. Coup de massue.

"Ben ... non ... C'est quoi cette histoire ? Une blague pas drôle ?"

Explication : S'appuyant sur la création du "cycle de consolidation" regroupant les CM avec les
sixièmes, le Dasen lance un "dispositif expérimental innovant" : ouverture d'un poste de PE spécialisé pour 4 ans affecté au collège de St-Béat et qui aura pour fonction d'accompagner (?) les élèves de 6ème du collège et de CM2 des écoles du secteur (Marignac, St-Béat, Cierp, Fos et St-Pé).

Et ... pour alimenter ce poste, il ferme la classe unique de Segpa du collège !

Il fallait y penser ! Si, c'est juste écrit à la fin.

2008 - Une classe unique 6ème/ 5ème. A quand l'ouverture du cursus complet ?

La Segpa a commencé avec une classe unique, regroupant les niveaux 6ème et 5ème

L'idée - et l'espoir de tous - était que ça marche suffisamment bien pour que l'administration ne puisse par faire autrement que de pérenniser la structure en la complétant rapidement par une classe de 4ème et d'une 3ème. Il fallait aussi définir deux ateliers professionnels, organiser tout ça et continuer sur la lancée. Quand on veut, on peut, non ?
La première année, le principal a bien planché sur un projet mais il n'a pas été repris. Il a été suggéré d'attendre un peu plus (de surcroît, c'est l'année où le recteur a fermé le poste de CPE - qui n'est d'ailleurs toujours pas rouvert, malgré les multiples demandes du CA).

Prêts à tout pour ne pas aller à Saint-Gaudens

Donc, en juin, il a fallu annoncer aux familles que, pour la 4ème, il leur faudrait accepter que le petit aille sur St-Gaudens ... en attendant que la suite ouvre.
Il ne faut pas non plus prendre les gens pour des imbéciles ; les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. A partir de là, nombreux ont été ceux qui se retrouvaient tiraillés. Tenter la 6ème / 5ème sur Saint-Béat, c'est prendre le risque de se faire piéger et se retrouver contraint d'aller à Saint-Gaudens pour la 4ème / 3ème.

Alors, c'est pour quand ces ateliers ?

Avec l'arrivée de la principale actuelle, tout le monde y a cru. La Segpa était un succès, les progrès des élèves formidables, l'intégration excellente, des inclusions fréquentes, ...
Et ça s'est su. Un peu partout cette structure est montrée en exemple. Les familles et les professionnels faisaient régulièrement part de leur impatience : alors, c'est pour quand ces ateliers, cette 4ème / 3ème ?
On a donc recommencé à parler d'ouvrir les classes manquantes, d'un atelier professionnel sur place, d'un autre au Lycée du Bois de Luchon, ... Même cette année encore, à l'automne, la principale bossait là-dessus. Ce serait pour la prochaine rentrée ... c'était tellement logique !
D'ailleurs, fin octobre, quand le ministère a sorti une circulaire redéfinissant les missions des Segpa, on a bien cru que c'était gagné : "La Segpa doit avoir une taille minimale de quatre divisions (de la sixième à la troisième) pour permettre aux élèves d'accomplir un cursus complet dans un même collège. Cette exigence sera prise en compte progressivement dans le cadre de l'élaboration de la carte scolaire."

lundi 25 janvier 2016

C'était comment, avant 2008 ?

Quand on vit dans nos zones de montagnes, qu'on a 12 ans et qu'on a accumulé une déjà trop longue histoire face à l'échec scolaire, ... il n'y a pas trop de choix. La Segpa la plus proche est à Saint-Gaudens. Si on habite Luchon, il faut se lever au plus tard à 6 h ... et on n'est pas de retour avant 19 h.
Pour peu que les profs donnent des devoirs maison, ça fait lourd !

Alors, la plupart des familles refusent l'orientation.

D'ailleurs, même les enseignants ont abandonné depuis longtemps l'idée de remplir les dossiers de demandes.
Et si à Saint-Gaudens, de temps en temps, arrivent quand même quelques rares élèves qui osent affronter la route, c'est uniquement ceux qui disposaient auparavant d'une affectation en Segpa et dont les familles viennent d'emménager dans le coin - ou ceux qui font l'objet d'un placement à la MECS de Luchon ou en famille ou autre structure d'accueil. Au début, ils prennent le bus un temps ... puis il y a quelques absences ... puis on ne les voit plus.

L'autre solution, c'est de se résoudre à aller au collège "normal".

Rappelez-vous, on appelait même ça le "collège unique". Quelle belle idée ! Et comme on a déjà pris l'habitude d'être celui qui ne comprend rien, qui n'y arrive pas et que ça devient même notre identité aux yeux des autres, alors c'est moins gênant. Le prof nous gare au fond de la classe, à côté du radiateur. Parfois, on pète un peu les plombs - faut dire qu'on s'ennuie quand même - mais bon, dans l'ensemble, ça se passe ... et on patiente ainsi jusqu'à nos 16 ans. C'est long quand même !

Et à chaque fin de trimestre, lors des conseils de classe, les délégués des parents sont époustouflés d’apprendre que leur chérubin côtoie quotidiennement (ou presque) des collègues qui se traînent des 2 de moyenne dans presque toutes les matières. J'exagère ? Ici, chacun sait bien que non.